Péripéties d’un premier voyage | le départ

Péripéties d’un premier voyage!

J’étais en première année de mon baccalauréat en chimie lorsqu’une collègue d’études m’a dit la phrase suivante :  «À la fin de notre bac, tu devrais venir chez moi!»

De prime abord, je me suis simplement dit, pourquoi pas? Deux ans plus tard, en 2012, la fin des études arrive. Elle me dit : «En juillet, après le bac. Tu viens chez moi?»

Je réalise alors qu’elle parle de son chez-elle… au Liban!

Photo prise à la sortie de l’aéroport Rafic Hariri

Me voilà, du haut de mes 22 ans, à planifier mon premier voyage! Disons que ce n’est pas le genre de premier voyage auquel j’avais pensé, je pensais plutôt à l’Europe.  J’étais fébrile comme jamais!
Élément important à noter, je n’avais  aucune idée d’où était situé le Liban sur une carte,  qu’il s’agissait d’un pays qui était en guerre à ce moment et qu’il s’agissait d’un pays du tiers monde. En fait, je ne savais strictement rien sur ce pays, outre que c’était le pays ou était née mon amie.

Imaginer un instant, un gars de 22 ans qui part seul pour la première fois de sa vie. Le jour J, le 21 juillet 2012, je pars de chez moi très tôt le matin.  Pour économiser quelques centaines de dollars, je prends l’autobus jusqu’à Burlington, au Vermont (USA), d’ou mon avion partira.

C’est au moment de passer les douanes à St-Bernard-de-Lacolle que je comprends la complexité d’être chimiste.  Pourquoi est-ce important de savoir que je suis chimiste… attendez de voir! Aux douanes, le ”gentil” douanier me demande:

«Passeport

Je lui remets avec mon plus beau sourire.

-Où allez-vous?

-À l’aéroport de Burlington.

-Dans quel pays allez-vous?

-Je vais à Londres pour prendre mon second vol. (C’est à ce moment que le gentil douanier semble irrité)

-Votre destination finale?

-Le Liban. (Pays étant sur la liste noire des États-Unis)

-Sir, we need to talk…

C’est après que les choses se gâtent.

-Qu’allez-vous faire, au Liban?

-Du tourisme, et voir une amie.

-Où avez-vous rencontré cette amie?

-Lors de mes études à l’Université de Montréal, en chimie.»

Le douanier me demande très gentiment d’aller dans un petit bureau avec lui…

J’ai l’impression qu’à ce moment précis, il a cru, au plus profond de lui-même, qu’il venait d’arrêter un futur terroriste! Un chimiste part en voyage de ”tourisme” pour voir une ”amie” chimiste au Liban…

L’interrogatoire dura environ deux heures, imaginez le regard doux et enveloppant que les gens de l’autobus voyageur m’ont fait à mon retour!

Arrivé à Burlington, j’ai 2 heures d’attente avant mon vol. C’est alors que j’entends que mon vol est arrivé, je pars pour l’aéroport de Newark (New York). C’est à ce moment que je vois la carlingue du petit avion à hélice arriver sur le tarmac.

 

Image : wikipédia

Dans la tête du non-voyageur que j’étais à l’époque, j’étais persuadé que ce genre d’avions n’existait plus. Erreur, c’est avec ce petit avion que j’allais effectuer mon premier vol pour New York. C’est en entrant dans l’avion que je réalise la petitesse de l’avion. Fait important, j’ai peur des petits espaces.

Je me retrouve donc en tête à tête avec ma peur. Je me rappelle encore le sourire mesquin du petit gamin qui se foutait de ma gueule (du moins dans ma tête), de la peur incompréhensible de manquer d’air, du beaucoup trop grand sourire de l’hôtesse de l’air, de la sensation d’être libre comme jamais, du bonheur, de l’euphorie et j’en passe. Il s’agit encore aujourd’hui d’un moment que je chéris et dont je me fais un plaisir de me rappeler à chacun de mes vols.

De New York à l’aéroport de Frankfurt tout va bien. J’arrive vers 9h30 en Allemagne et je repars à 12h00 pour Beirut, aéroport Rafic Hariri.

Vers 11h30, je réalise que je suis le seul qui ne semble pas être d’origine libanaise. Je me suis senti heureux et choyé de pouvoir aller dans un pays ou si peu de gens vont comme touriste ou voyageur.

Le vol vers Beirut sur Middle East Airlines était génial, j’étais une petite vedette. Les Libanais étaient heureux et fiers de voir qu’un touriste allait faire un tour dans leur magnifique pays. L’accueil reçu dans l’avion n’était que le début d’un voyage qui changea ma vie à jamais et qui a fait de moi un voyageur.

À mon arrivée en terre libanaise, j’espère sincèrement que mon amie soit présente aux douanes afin de m’accueillir, car je réalise à quel point je suis dépourvu loin de chez moi. Je réalise aussi à quel point je suis hors de ma zone de confort et à quel point on est bien lorsqu’on sort du confort de notre chez nous. Je sors de l’avion et vois pour la première fois des soldats ,armés de leur Kalachnikov, nous regarder et nous escorter jusqu’au kiosque pour l’obtention du visa.

 

Visa Libanais, 1 mois

 

Après l’obtention du visa, je sors de la zone et entre officiellement en terre Libanaise. Pour mon plus grand bonheur, j’entends quelqu’un crier mon nom! Je souris, mes yeux se remplissent d’eau, je suis sain, sauf et heureux.

À mon arrivé au liban

3 thoughts on “Péripéties d’un premier voyage | le départ

  • 2015-02-09 at 8:59 pm
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    Très bon texte! On a l’impression de t’accompagner et même de prendre l’avion! Bravo. Claire

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  • 2015-02-10 at 2:13 am
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    Belle écriture pleine d’émotions, de simplicité et de sincérité… On a hâte de lire la suite!

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  • 2015-02-10 at 3:09 am
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    Merci pour vos commentaires, c’est grandement apprécié! Ne vous inquiétez pas, une suite viendra sous peu!

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